Carnet de route

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De Sidi Wassay à Rissani


  • publié le 5 février 2024
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Si la photo de la Une montre une casbah dans le coucher de soleil cela veut bien dire que nous avons, enfin pourrait-on dire, quitté l’océan direction plein Est.  Avant de partir petit apéro avec l’adorable Ahmed dans Sacado…

…mais avant tout il a insisté pour que nous marquions « notre » place dans le camping !

Dernière balade le long de l’océan…

…pour le plus grand bonheur de notre Eléa, qui bien sûr, n’appréciera que moyennement notre départ !!

Comme nous vous en avions brièvement parlé à la fin de notre précédent article, l’administration marocaine a subitement décidé de se réapproprier le littoral maritime de toute la façade atlantique. Tous les petits villages de pêcheurs construits certes sans autorisation mais qui étaient là depuis une cinquantaine d’années pour quelques-uns ont tous été détruits. Une véritable catastrophe, principalement pour les pêcheurs qui pour la plupart n’ont pas d’autres habitations et aussi pour le tourisme, adieu le pittoresque !

Certains ont eu le temps de vider leurs habitats, d’autres comme ceux qui vont suivre, ont été prévenus le 31 décembre au soir pour une destruction programmée 5 jours plus tard.

Le spectacle est désolant.

La balade que nous avions l’habitude de faire au sud du camping nous montre l’étendue du massacre…

A peine pour certains le temps de débarrasser l’habitat…

 

Plus loin, nous voici à la grotte de Kamel et Lamyae. Nous avions rencontré Kamel l’année dernière quand il aménageait ces jolies grottes, juste achetées, certes sans papier, pour les transformer en un grand gite destiné à la location et à son usage personnel pendant les vacances.

Il en avait fait un véritable havre de paix, la plage au pied…

…un aménagement avec goût et déjà des clients…

Et d’un seul coup tout s’arrête, il faut déménager avant l’arrivée des bulldozers…

Lors de notre passage, nous trouvons Kamel et son épouse dépités, sans autre solution qu’une digne résignation…

…alors tout ce qui est démontable est démonté, quelle tristesse que de casser un si bel hébergement à peine fini.

Quelques jours après notre départ, nos copains Evelyne et Jojo y sont passés et voilà ce qu’il en reste après le passage des bull…

On l’appelait la maison du français, ici depuis plus de 60 ans…

…et voilà ce qu’il en reste !

C’est donc avec beaucoup de tristesse que nous quittons Sidi Wassay. Le petit village de pêcheurs de Sidi Rbat au bout de la plage, que nous prenions plaisir à visiter n’existe plus.

Quelle côte retrouverons-nous l’année prochaine ??

N’y avait-il pas d’autre solution moins dévastatrice humainement et écologiquement ?

Ne pouvait-on régulariser la situation des habitats en place et stopper la prolifération ?

Nous partons avec nos questions, notre indignation et notre amertume !

Avant de quitter définitivement l’Atlantique, nous voulions faire un crochet pour voir le village de Tifnit complètement détruit. Voici des photos que nous avions prises en 2014 lors d’un précédent passage.

Petit village de pêcheurs, celui-ci c’était au fil des ans étoffé jusqu’à contenir plus de 500 familles…

Des occidentaux avaient aussi investi dans des petites maisons et le site avec aussi du surf attirait plein de touristes…et voilà ce qu’il en reste…

No comment !

Normalement, après le passage des bulldozers qui ont recouvert une partie du village de sable, il est dit que tout doit être rendu à la nature…On sait déjà que cela ne se fera pas, laissant ces décombres à la merci de l’océan qui peut-être un jour aura tout nettoyé ???

Depuis, du nord d’Agadir, jusqu’à Dakhla la machinerie est en route. Si nombreux soient ceux qui se sont élevés contre ces destructions, cela continue et s’étend désormais sur toute le côte et même à Casablanca. Beaucoup pense que la vraie raison est comme jadis à Taghazout, l’implantation de complexes touristiques hauts de gamme et golf. A suivre donc !

 

En attendant, quelle désolation et les quelques pêcheurs rencontrés semblent résignés.

Eléa quant à elle, loin de ces considérations prend son dernier bain de mer.

Nous prenons ensuite la direction de Tafraout en passant par la montagne et dès que l’occasion se présente, nous en profitons pour « rincer » à l’eau douce notre Eléa pour son plus grand plaisir !!

Nous voilà enjambant la montagne…

Croisons des sources çà et là…

Mais surtout prenons encore conscience de l’état de sécheresse de l’arrière-pays avec ces milliers d’arganiers morts.

Accroché à la montagne, au détour d’un virage apparait ce petit village avec en son centre…

Un parc de jeux pour enfant, au milieu de nul part mais pas encore « inauguré » donc inaccessible !

Un ancien ksar (village fortifié) …

Et surement un ancien agadir ?

Par moment la route se rétrécit…

Mais toujours ces superbes paysages et de petits villages qui égrènent notre route…

Nous voici à Tafraout où nous resterons une huitaine de jours et autour duquel nous ferons plein de balades dans ce décor de granite rose que l’on adore…

Le lendemain de notre arrivée, notre 1er objectif est…

 

…d’aller remettre nos cartons de vêtements glanés pendant la saison…

 

Aux tout proches mais démunis nomades…

Tout heureux de l’aubaine !

Bien installés, nous en profitons…

…pour faire quelques bricoles sur Sacado qui a bien assuré dans les montagnes.

1ère de nos nombreuses balades…

…où en grimpant…

…si vous suivez la direction indiquée, vous pourrez voir notre Sacado !!!!

Alors trouvé ??

Au coucher du soleil les couleurs des rochers nous fascinent toujours.

La 1ère balade était une mise en jambe et voici l’objectif de la 2nde ; ces rochers au sommet de la petite montagne. Allez c’est parti !!

Pas de chemin, chacun fait le sien en crapahutant !

Avec ce soleil, un brin d’ombre le temps de se désaltérer n’est pas de trop !!

Bien sûr la vue est magnifique.

En y regardant de plus près on peut même voir, toujours très discrets, les campements des nomades, ceux-là mêmes à qui nous avons remis les vêtements.

Presque arrivés…

…avec une vue sur l’autre vallée, verdoyante celle-ci.

Au sommet, entre les 2 rochers !!

Et maintenant, cherchons un endroit un peu plat pour…

Pique-niquer bien sûr !!

Parti pour la descente !!

Une vraie gazelle !!

Pas mal un peu d’ombre !!

A cette hauteur, les habitats nomades sont plus visibles. Appréciez la précarité !

Objectif atteint !!

Ça bricole encore !!

Patou prend le scooter mais pourquoi donc ??

C’est vraiment la 1ère fois qu’installés comme nous le sommes, avec un soleil bien chaud et tapant toute la journée sur Sacado que nous pensons qu’il serait opportun de protéger les pneus, aussitôt dit, le tissu acheté au village…

…notre couturière s’installe et en 4-4-2…

…les roues sont protégées !!

Bravo !!

Quel cadre !!

Petite balade dans le vieux Tafraout que nous ne connaissions pas.

Tous les matins nous déposons nos déchets verts à proximité du camion et les chèvres ont vite pris le pli…

Bon appétit !!

Nouvelle balade cette fois en face des précédentes

La photographe en action…

…et voici la photo !

Comme vraiment on adore ces paysages, ces rochers et la vue chaque fois différentes on se permet de vous inonder afin que vous puissiez en profiter presque autant que nous !!

Parfois certains rochers ont des formes qui nous inspirent tels ce Pinocchio !

Quelques fois c’est en escaladant qu’on progresse !

Sur la descente une vieille casbah…

Et pour finir on traverse la palmeraie qui souffre atrocement de la sécheresse, ici il n’a pas vraiment plu depuis 6 ans et l’année dernière rien du tout, pas une goutte, dérèglement climatique où l’on ne s’y connait pas ??

Ce matin au réveil Patou entend un drôle et nouveau petit sifflement et après recherche il s’avère que nous avons une mini fuite sur l’un des tuyaux alimentant notre douche alors un nouveau petit chantier se dessine pour réparer !

Encore un matin comme dit la chanson !!

Un guide rencontré un peu par hasard nous indique une belle rando à faire depuis Sacado où peut-être rencontrerons-nous des gazelles mais assurément pas d’humain. C’est parti !

Pour cette balade nous prendrons conscience que le balisage, fait certainement par les bergers, consiste à poser régulièrement des tas de pierres, que nous tenterons de suivre de notre mieux !

Effectivement le paysage est grandiose. Pas d’humain, pas de gazelles non plus et du silence, rien que du silence…

Un requin ??

Enfin l’heure de manger et à l’ombre bien évidemment !!

Après une grande partie de plateau, nous entamons notre descente…

D’un seul coup, sans prévenir Eléa disparait et nous la découvrons toute heureuse dans une inattendue flaque d’eau d’un petit oued …

…ou bien sûr le vert fleurit !

Et souvent quand il y a un arganier, on peut y trouver des chèvres !

Un dromadaire ou un volatile ??

Arrivés dans la vallée un puits en perdition…

…et son chemin de l’eau délabré et à l’abandon.

Arrivé dans le village proche, nous avons environ 15 km encore à faire pour rentrer. Nous croisons un marocain à qui nous posons la question d’un éventuel bus ou taxi possible…

Il nous indique vers où trouver l’arrêt de bus et nous conseille de tendre la main. A peine étions-nous arrivés, le doigt tendu et hop un taxi s’arrête. J’y monte (dans le coffre car déjà bien rempli, à l’arrivée nous serons quand même 8 dans un bon vieux break !) avec l’idée de revenir en scooter où Patou et Eléa m’attendent !

Tafraout c’est fini, direction Ouarzazate maintenant, allez zou !

Encore un peu de montagne sur une toute petite route…

Et toujours ces magnifiques vues avec ces montagnes aux strates tortueuses…

Cherchez bien au-dessus du village le vieux ksar abandonné

Inattendu non ??!

Ce sont souvent les seuls êtres vivants que nous croisons sur de longs moments.

Parfois le goudron disparait !

Et si les bas-côtés sont trop dangereux, des pierres nous indique où ne pas mettre nos roues !!

Voire à quitter la route s’il le faut !!

Au milieu de nulle part une école comme toujours colorée !

On dirait que le goudron se raréfie…

Voire disparait complétement !

On espère seulement ne croiser personne, inch’Allah !

On comprend qu’il faille refaire la route, non ??

Une nuit bien au calme !

Parfois on voit des villages dans lesquels l’eau semble ne pas manquer…

Petit à petit on descend de la montagne…

…et nous voilà à Ouarzazate que nous traversons avec la célèbre casbah de Traourit que nous avons déjà visitée.

Ce lac que nous avons connu bien rempli souffre lui aussi du manque d’eau, nous y passerons la nuit…

…et sommes accueillis à notre arrivée par une horde de chiens sauvages très sympas !

Il y a quand même suffisamment d’eau pour qu’Eléa puisse un peu se tremper avant la nuit.

 

Du pain maison acheté à la boutique toute proche et c’est pas de la rigolade !!

 

On prend notre temps ce matin et partons faire une balade…

…au fond du lac.

La trace claire indique le niveau normal et si vous cherchez bien, peut-être me trouverez-vous ?!

Un habitat abandonné du fait de la création du lac, on n’en sait rien mais on continue la balade et…

…voyant cette jolie maison de pêcheurs…. nous nous en approchons…

…et découvrons qu’en fait point de pêcheurs mais un décor pour la suite du film Gladiator !!

Nous avons pu l’approcher mais ne plus prendre de photo et avons pu savoir qu’il s’agit d’une scène avec Myriam. Nous verrons bien quand le film sortira si nous reconnaissons cette maison !

Avant de partir un des ouvriers nous parle d’un lieu à voir proche de notre prochaine destination, c’est sur on va y aller !

Dernière photo prise de loin en mode paparazzi !

Et oui Patou ne pouvait laisser ces petits chiots sans manger, c’est plus fort qu’elle alors….

Comme on vous en a déjà parlé, tout près de Ouarzazate se construit la plus grande centrale solaire du monde appelée Noor. Chaque phase a son numéro et là il s’agit de Noor 3 avec sa tour dont le principe est de concentrer les rayons vers des fluides (souvent des solutions salines) au fort pouvoir calorifique qui chauffant de l’eau, actionneront des turbines qui fabriqueront de l’électricité, CQFD !

Cette tour illumine ses environs tel un phare !

Nous reprenons la route direction Skoura. La ville est sans intérêt et nous avions déjà visité avec notre fils Maxime la casbah aussi dès le lendemain, c’est en scooter que nous nous rendons au village de Sidi Flaa dont nous a parlé l’ouvrier la veille, c’est parti !

D’un seul coup, au détour d’un virage après une bonne dizaine de km de paysages arides et désertiques nous apparait une palmeraie, presque luxuriante.

Nous faisons un tour dans le village où de grandes casbahs sont encore debout…

…et décidons de remonter le Dadès, puisqu’il s’agit de lui, jusqu’aux proches gorges que nous avons entraperçues en traversant le pont…

Nous trouvons un endroit sécure pour poser le scooter et en avant pour une marche le long des gorges pour le plus grand plaisir d’Eléa (et nous aussi bien sûr !!)

De part sa configuration tortueuse nous serons obligés parfois de traverser la rivière…

…et les cailloux font mal aux pieds !

Parfois on peut contourner l’obstacle en passant un peu plus haut.

Autant d’eau quel bonheur !

Pas le choix, on est obligé donc il faut tenter !

Mais peut-on vraiment traverser ??

Et oui alors à mon tour !

Pause pique-nique et comme à chaque fois, tout le monde doit en profiter, quel que soit le menu !!

Elle est bien cachée !

Nous arrivons au bout des gorges et nous sommes vraiment bloqués aussi…

…on fait les cabris et les quittons en grimpant droit devant nous !

Panée aux tamaris !!

Arrivés au sommet la vue des gorges est simplement magnifique !

Mais tout autour de nous l’est aussi !

Au loin la palmeraie vers laquelle nous nous dirigeons…

Et quel plaisir en y arrivant de fouler l’herbe verte !

Les différentes essences d’arbres présentes font que…

…il y a forcément de quoi faire du miel, n’est-ce pas mesdames les abeilles !!

On trouvera même une forêt de bouleaux argentés !

Et qui nous attend bien sagement ??

Et autant vous dire qu’après cette longue balade tout le monde est bien content de reprendre le scooter pour rentrer, Eléa saute presque dans son sac…

…sans se faire prier !

Nous reprenons la route dès le lendemain direction Tineghir

Où nous ferons une halte pour manger et en profiter pour visiter l’une des anciennes casbahs abandonnées

Sa taille nous impressionne…

Combien de personnes pouvait-elle héberger ?

Le hammam ou les bains…

…en tout cas le système de chauffe est encore visible.

Du sommet, on surplombe la vallée du Todra.

Mais ces vestiges, tout aussi impressionnants soient-ils…

…sont ouverts aux quatre vents avec le lamentable témoignage de notre modernité.

Reprenons la route …

…avec comme objectif de la journée…

Trouver de la sciure pour nos toilettes et comme souvent, j’en profite pour faire le nettoyage de l’atelier !

C’est à Alnif, que nous nous servirons chez Brahim, merci à lui (en haut à gauche) pour sa sympathie !

Nous approchons chouya chouya de notre prochaine destination que certains ont dû déjà reconnaître…

En attendant une halte s’impose à Rissani pour l’incontournable madfouna (la célèbre pizza berbère !) et les inévitables courses au souk car après, le désert nous attend !

Demain matin 5 février, nous quitterons le cœur content et léger de la belle action accomplie, notre havre de paix au bord de l’erg Chebbi que nous aimons tant. Nous y partageons le quotidien de notre ami Mohamed, ses voisins et famille que nous commençons à bien connaître et que nous prenons plaisir (et réciproquement) à retrouver année après année.

Belle action… pourquoi donc ??

La suite au prochain épisode !!

 

 

 

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